Depuis que j'ai entendu parler de ces deux îles par ma collègue Brigitte, j'ai eu envie d'y aller. Comme toujours en ce qui concerne le voyage, entre l'envie et la réalisation il n'y a qu'un pas, mais là ça en a pris plusieurs.
Tout d'abord, trouver quelqu'un d'aussi motivé que moi et qui a les mêmes disponibilités! Clémence, la stagiaire culturelle était motivée depuis le début également mais pas sûre de pouvoir venir puisque l'inter-trimestre ne concerne que les profs s'ils le veulent. Heureusement pour nous, le boss a été sympa et il lui a accordé la deuxième semaine de l'inter-trimestre!
Ensuite, il fallait se renseigner sur comment aller là-bas, où dormir, combien de temps etc... Selon notre collègue qui nous a conseillé le voyage, 3 jours c'est l'idéal : le premier jour, faire la randonnée à Rishiri (ce qui prend une journée entière), le lendemain monter le mont Rebun sur la deuxième île, et le troisième jour, faire la promenade de 8 heures à travers l'île.
Pour nous il s'agissait de trouver le meilleur deal! Nous avons donc été nous renseigner à la gare de Sapporo dans une agence de voyage qui propose des packs tout compris avec le transport en bus ou train, le ferry, l'hôtel, etc.... mais a des prix exorbitants!!! Nous nous sommes donc rendues au bureau d'information de la gare et une dame très gentille nous a renseigné sur les moyens de transports et les prix, mais pour réserver les auberges ce n'était pas très rassurant, apparemment il n'y avait plus de place.
On était à une semaine de la date prévue pour le départ, il a fallu chercher sur internet quelles auberges étaient disponibles et à quels prix. En insistant une deuxième fois auprès de la dame de la gare, nous avons réussi à réserver pour deux auberges, une sur chaque îles, à trouver des bons plans pour le bus etc...
Le voyage en tout, transport, auberge, bouffe compris nous a coûté environ 35000 yen, ce qui représente 270€.
Notre départ pour le voyage en bus de nuit était prévu le 1er juillet à 23h00. Nous avons donc voyagé en bus jusqu'à Wakkanai (https://maps.google.com/maps?q=wakkanai&ie=UTF-8&hq=&hnear=0x5f103041ef412b63:0x6a48cddf8235c24c,Wakkanai,+Hokkaid%C5%8D,+Japon&ei=AIbZUbyOKcmekwWDzYGoDw&ved=0CLMBELYD). Le voyage prend 06h30 et les bus japonais sont très confortables et nous sommes arrivées à 05h30.
De Wakkanai, nous avons directement pris le ferry pour Rishiri à 06h40 pour arriver vers 08h20. Le transport en bateau était vraiment très agréable! Voici les photos :
Wakkanai s'éloigne
Rishiri se rapproche!
Débarquement!
On ne voit rien!
La suite des événements était de grimper le mont Rishiri évidemment. Tout était déjà planifié. Nous avions débarqué à Oshidomari (nord de l'île) et devions terminer la randonnée à Kutsugata, à l'ouest. Voici le lien d'une carte qui permet de comprendre mieux notre trajet :
D'après le blog d'un randonneur, le chemin pour descendre vers Kutsugata est très difficile et c'est le moins que l'on puisse dire, mais nous y viendrons plus tard, d'abord la montée.
Nous partons de zéro et d'après les japonais, il faut 11h environ pour faire la randonnée...de Oshidomari à Oshidomari, jusqu'à Kutsugata, cela prend environ 8 heures d'après le blog d'un randonneur confirmé. Nous avons donc bien fait de partir tôt!
Le départ de la randonnée n'est pas encore là, mais il y a un sanctuaire et le paysage est déjà assez joli!
Panneau qui indique que l'entrée de la randonnée est proche!
On y est, voici le début de la rando, le temps est splendide même si les nuages recouvrent le sommet de Rishiri en bas il fait très bon
La forêt est très sauvage et magnifique!
Les recommandations!
"Oishi mizu" ce qui signifie littéralement "eau délicieuse"
On remplit une bouteille pour la montée, effectivement l'eau est délicieuse!
Nous allons vers la droite à Rishiri san
ça monte progressivement
Première station rencontrée, il y en a 9 avant d'atteindre le sommet
Quand on a la possibilité de le voir, le paysage est magnifique!
5ème station
Le temps devient progressivement brumeux et venteux mais on a toujours une vue correcte
6ème station : 760 mètres
Bon c'est sensé être un super point de vue mais à cause de la brume on ne voit rien!
Le vent est assez fort, la montée s'intensifie mais on tient bon!
Vite une éclaircie!
7ème station : 895 mètres. Entre la 7ème et la 9ème station, la montée devient vraiment difficile!
Le chemin est très rocailleux!
2ème point de vue, un peu plus dégagé que le premier
A ce stade là la brume est partout, il fait très humide et venteux
8ème station : 1218 mètres le reste du chemin c'est juste l'enfer!
Le décor est mystique!
La vue!
Les instructions concernant les toilettes portables (on en avait pas mais bon fallait que je montre cette particularité japonaise)
Voilà normalement on a un sac on le pose dans le filet, on fait son affaire puis on fait un baluchon qu'on trimballe jusqu'à la fin de la rando
Un insecte à cette hauteur!
La dernière station n'est pas loin, après c'est l'ascension vers le sommet!
J'ai pris peu de photos à cause de la brume
9ème station atteinte, on laisse les sacs à dos là pour aller jusqu'au sommet puisqu'il nous faut de toute façon retourner là pour entamer la descente!
Le chemin est mystique!
là on voit vraiment que l'on est sur un volcan, les cailloux se dérobent sous nos pieds. heureusement qu'il y a les cordes
Dernière étape avant le sommet qui requiert 2 cordes, c'est vraiment comme de l'escalade à ce stade!
On le voit!
Enfin!
La vue...
Un petit sanctuaire à 1718 mètres d'altitude!
Ne vous asseyez pas sur les plantes (je sais pas à qui il viendrait l'idée de faire ça)
Banzai!
on l'a fait (enfin on a pas encore fini, le plus dur est à venir)
"danger" tu m'étonnes!
Alors à partir de là, on entame la descente...en enfer! Peu de photos, je vous dois donc des explications!
Tous les japonais que nous avons croisé en chemin nous ont prévenu de nous dépêcher et de faire gaffe (kyotsukete) mais enfin bon ça ils le disent tout le temps! Et effectivement, je pense que cette descente constitue une des expériences les plus...comment dire...formative? Je sais pas, n'empêche que c'était vraiment spécial!
Le début du chemin est un peu comme on le voit sur la photo ci-dessus, de la roche volcanique qui se dérobe sous les pas et quand il n'y a pas d'escaliers on a juste des cordes pour nous aider. La brume évite de voir ce qu'il y a en bas, même si j'ai pas le vertige, c'est plus facile!
Le chemin est parfois difficile à distinguer dans toute cette brume et c'est ce qui va nous amener à nous tromper à un moment donné. Il y avait une direction mais nous avons manqué la suivante et avons suivi ce qui semblait être le chemin mais ça n'était pas le cas. On s'est retrouvé à littéralement escalader un pan de pierre et de petites roches volcaniques, le tout se dérobant sous nos pas, moi qui était en dessus, je manquais de prendre des petites roches dans la gueule Haha! A un moment, mon amie Clémence me dit "mais c'est pas possible, y'a qu'une grosse pierre là-haut! On peut pas passer". La panique commençant à se faire sentir, nous faisons demi-tour (ça c'était drôle, c'était comme faire du toboggan dans la roche volcanique, mais encore une fois heureusement qu'on voyait pas en bas)
Voilà, plus de peur que de mal, mais on était pas encore sortie de l'auberge! Après avoir retrouvé le chemin, une autre surprise un peu plus loin : un pan de neige. Bon il était pas hyper large mais dans la brume c'était vraiment impressionnant et flippant! Après l'expérience précédente ça sentait un peu le désespoir! Je prends mon courage à deux mains (ou plutôt deux pieds ici) pour aller tâter la neige. En me rapprochant, je me rend compte qu'un chemin y est tracer et il y a même de récentes traces de pas en sens inverse! La confiance est revenue et nous pouvons traverser.
Après cela, le chemin se poursuit dans de la rocaille, avec quelques passages nécessitant vraiment de s'accrocher aux cordes! Ce chemin n'est pas très emprunté et nous comprenons pourquoi! Tout le long est constellé de pierres et il faut faire attention à chaque pas! Quand je dis chaque pas ça veut dire chaque pas!
Nous avons un peu perdu la notion du temps, la montée a duré environ 5 - 6 heures (Clémence corrige moi si je me trompe) et la descente dans la brume je sais pas, au moins 1h30 - 2h! Puis le ciel a commencé à se dégager et la vue qui s'offre à nous est sublime, même s'il nous reste encore du trajet, cela fait plaisir de sortir des nuages et de retrouver le soleil!
Après avoir descendu la crête, retour dans la forêt pour une fin de randonnée épique! La photo ci-dessous n'illustre pas la réalité de la difficulté de ce passage. En fait, le chemin suit le lit d'une rivière à sec (sauf quand il pleut) jusqu'à la fin! Donc ce ne sont que pierres glissantes sur pierres glissantes et las de notre aventure nous perdons un peu notre concentration, ce qui m'a valu une ptite blessure au genou droit (mais rien de méchant), un demi-orteil bleu, et les deux orteils bleus pour Clémence! Mes chaussures était trempées et avec mes grosses chaussettes j'avais la désagréable sensation de patauger tous le temps c'était horrible!
C'est la partie gentille du chemin!
Sinon ça va j'ai l'air heureuse :)
Enfin! Après 4heures de misères dans la jungle, nous voilà sorties! Le corps rompu de fatigue et de douleurs nous pensons être proches de la ville, mais en fait...Non!
Là, nous en étions déjà à 9h de rando...
Nous commençons néanmoins à "marcher" enfin à nous traîner difficilement tellement chaque pas est douloureux en suivant la route, et là bonheur, Clémence entend le son d'une voiture!!!
Alors faut savoir qu'au Japon normalement, le stop ça se fait pas, mais là ce n'était plus du stop, c'était nous suppliant le plus bas possible de nous déposer à Kutsugata! Et le monsieur s'est arrêté, il s'agissait d'un scientifique qui étudie la flore de Rishiri! Il nous a confirmé que nous avions eu de la chance car plus personne ne circule en voiture à cette heure-ci...
En arrivant à l'auberge, un vieux couple et leur fille adorables nous accueillent! Crevant d'envie de prendre une bonne douche et de profiter d'un onsen (source thermale japonaise) nous demandons leur avis, mais la grand-mère veut qu'on mange avant! (sacré caractère hihi!) Plus tard vous aurez la photo de ce qui fut un des meilleurs repas de ma vie, en terme de goût et d'appréciation!


Donc voici un des meilleurs repas de ma vie! Des beignets de crevettes, des sashimis, un poisson local délicieux et une énooooooooooorme coquille Saint-Jacques!
Le grand-père, très gentil, nous dépose ensuite au onsen qui est en fait à 500 mètres et nous profitons d'une eau thermale qui apparemment se situerai là depuis des millions d'années (si j'ai bien lu le panneau)
Nous regagnons l'auberge et prenons le thé avec la famille qui nous invite cordialement. Puis enfin un repos bien mérité avant la deuxième escapade du lendemain!
Les orteils devenus bleus...
La très gentille famille qui nous a accueilli dans un minshoku (sorte de chambre d'hôte)
On avait même droit à des Yukata mais on les a pas utilisés!
Voilà pour le premier jour de ce voyage extraordinaire qui restera longtemps gravé dans ma mémoire! Bientôt la suite dans la magnifique et inoubliable île Rebun!

Incroyable! Si tu savais comme je t envie!
RépondreSupprimerJ'ai l'impression que ça va être la plus belle expérience que tu aies vécu! Fais nous profiter comme tu le fais. J'ai le sentiment d'y être un peu comme ça! Merci à toi de nous transmettre ton bonheur!
C'est sûr que c'est une sacrée expérience! Je l'oublierai jamais! Mais le must ce serait de revenir avec tous le monde! Hokkaido c'est le must! :)
RépondreSupprimerQuelle épopée cette randonnée, et je dirais même d'après ton récit, quel courage ! :)
RépondreSupprimerEt pour le coup, tu es vraiment sorti des chemins touristiques habituels, j'imagine que tous les locaux de l'île était surpris de croiser des "gaijins" chez eux, surtout le scientifique qui vous a ramené en ville :p
bien sur, on attend la suite ;)